"Les moulins de Zaandam"
Paysage hollandais de Bernard Buffet
commenté par Bertrand Lavier, artiste plasticien
Depuis le début des années
soixante-dix, Bertrand Lavier développe une oeuvre
polymorphe qui couvre indifféremment les champs de la
peinture et de la sculpture en brouillant volontairement les
définitions en déstabilisant les
catégories esthétiques établies.
Ainsi dans l'esprit des artistes du Pop Art et des Nouveaux
Réalistes, Bertrand Lavier se plait à interroger le statut des objets qui nous environnent.
Avec lucidité et un certain sens de la subversion,
histoire de créer des "zones de turbulence" ou des
rencontres inattendues.
Ainsi cette rencontre avec l'oeuvre de Bernard Buffet, le
peintre au trait acéré, le mal-aimé
solitaire qui a choisi de se donner la mort à 71 ans
en octobre 1999.
Pour mémoire, à propos de deux expositions
rétrospectives de Bernard Buffet en 1991 à
Moscou et Leningrad, un texte de Louis Aragon publié
dans "Les Lettres Françaises en 1953 : "L'apparition,
à l'orée de 1953, d'un peintre de paysages,
dont on peut dire qu'il prend rang à la suite de la
grande lignée des Boudin et Claude Monet, est un
événement qu'il faut savoir souligner,
même si, touchant Bernard Buffet, un jeune homme de
vingt-quatre ans, qui n'est pas un nouveau venu à la
peinture, mais dont la maîtrise, à mon sens,
s'affirme ici vraiment, tant dans la douzaine de toiles
exposées chez Drouant-David, que dans les dessins de
la galerie Visconti, une telle affirmation risque
d'être contestée, taxée
d'exagération.
Il faut oser placer, dès leur naissance, les valeurs
de la peinture à la grande lumière de
l'histoire et des maîtres.